Musicothérapie : Pourquoi? Comment?

28 juin 2009

Par Florence Beuken

Il y a énormément de concepts différents derrière le mot « musicothérapie ».
On peut cependant présenter cette psychothérapie selon deux approches distinctes : la musicothérapie réceptive (autrefois appelée « passive ») qui consiste en l’écoute de la musique, et la musicothérapie active qui fait participer activement le patient au jeu musical ou sonore.
Chaque musicothérapeute adoptera l’une ou l’autre des techniques selon sa personnalité, ses convictions ainsi que sa formation, …

En musicothérapie réceptive, on peut procéder comme suit :

- Un processus proche de la psychanalyse, où la musique sera support mais où l’objectif restera un retour à la verbalisation.

- Une psychothérapie comportementale, où l’objectif est de modifier un comportement problématique, par un conditionnement positif ou un déconditionnement. La musique, encore une fois servira de support à ce conditionnement.

- Une thérapie cognitive, où l’on fait appel à la suggestion. Le thérapeute proposera la technique du « portrait musical », par le choix d’une oeuvre à laquelle le patient pourra s’identifier.

- La sophrologie et les techniques de relaxation qui visent à une baisse de l’état de conscience. La musique, en principe répétitive et relativement monotone, aide à renforcer cette baisse de conscience, pouvant mener à un état hypnotique.

- La technique des « 3 œuvres » de Jost, qui repose à la fois sur le type psychanalytique, puisqu’après chaque écoute il y a un retour à la verbalisation, et sur le type comportemental, car ces trois œuvres seront support au changement. Cette technique consiste à se calquer sur l’état émotionnel présent, et problématique, du patient par l’écoute d’une première œuvre, par un passage neutre ou de transition avec une deuxième oeuvre, pour terminer par une œuvre se calquant sur l’état émotionnel désiré.

    Suggestion d’écoute
    (pour une personne stressée, dispersée, désirant retrouver le calme) :
    1) Danse hongroise, Brahms
    2) Mental Tan, Devin Towsend
    3) Au matin, Grieg

-Les méthodes psychophysiologiques (Tomatis, qui repose sur le conditionnement auditif d’œuvres filtrées, et Aucher, qui travaille sur la résonance de la musique sur chaque partie du corps.)

La musicothérapie active est probablement plus difficile à décrire. En effet, la verbalisation n’est plus nécessaire, la thérapie se déroule dans les jeux, improvisations et interactions.
Les différentes techniques mises au point ont pour la plupart fini par tomber dans le pédagogique, l’apprentissage musical. Certains, comme Orff, ont alors proposé un instrumentarium différent,  permettant aux participants de ne plus être prisonniers de leur culture et favorisant le lâcher-prise. Une autre méthode est de simplement travailler le son, et non la musique, permettant de mettre en veilleuse des normes culturelles qui risqueraient de dévaloriser le patient.
Le travail de la voix étant encore différent en ce sens que, lié au souffle, il peut parfois mener à un état de transe, comme le permet la thérapie du « cri primal » mis au point par Janov.

    Suggestion d’écoute :
    1990 Quadrillons De Tonnes, Gojira

Que peut-on soigner avec la musicothérapie?

Les indications sont extrêmement nombreuses, la plupart de celles que je vais citer ont été vérifiée de manière scientifique. Je pense cependant qu’il faut rester prudent : certaines pathologies nécessitent un suivi par un médecin (psychiatre), la musicothérapie sera alors complémentaire aux soins prodigués. En outre, il est important de garder à l’esprit que, même si notre sensibilité nous permet de trouver notre propre « musimédication », on ne s’improvise pas thérapeute.

Les indications principales sont :

- Troubles psychotiques et névrotiques, de l’attention, de l’orientation et de la communication, …

-Amélioration de la qualité de vie des personnes schizophrènes, soulagement des symptômes des personnes souffrant d’autisme, de démence. Accompagnement à la post-cure des personnes toxicomanes.

- Détente : levée de l’anxiété, amélioration de l’humeur.

- Deuil, dépression.

- Accompagnement malades, apaisement de la souffrance (chirurgie, maladies). Femmes enceintes, accouchement. Troubles du sommeil.

- Amélioration des performances physiques et cognitives, développement des facultés créatrices d’expression et de communication (ex élèves en difficulté).


La musique et ses effets sur l’Homme

15 mai 2009

Par Florence Beuken

Pour beaucoup d’entre nous, la musique est essentiellement associée à la fête, elle ponctue les événements importants de notre vie et, souvent plus discrète, elle nous accompagne dans notre quotidien… Si nous y réfléchissons un moment, nous nous rendrons compte que nos choix musicaux sont rarement faits pas hasard, ils dépendent souvent de notre état d’esprit, de l’activité que nous pratiquons, …
Mais qu’a-t-elle de si spécial pour nous accompagner de la sorte? Elle effet, elle n’est pas aussi innocente qu’elle le paraît, et depuis la nuit des temps elle a un rôle particulier, peu à peu oublié pourtant, et est utilisée à d’autres fins que l’amusement.

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Ambivalence des relations parents-enfants

15 mai 2009

Par Annabelle Perceval

On les voulait, on les a faits, on les a.

Mais au-delà de tous les lâcher-prise nécessaires : gestion de l’agrandissement de la cellule familiale (deuil du couple d’antan), rythme incessant du nourrir – laver – vêtir – distraire – éduquer – réconforter, inquiétudes chroniques liées aux Grandes étapes (psychomotricité, marche, propreté, langage, maladies infantiles, éducation collective, jalousies dans la fratrie, etc.), toutes ces responsabilités qui nous enchantent et s’infiltrent dans tous les compartiments de notre vie sans laisser de place, quelque chose d’autre parfois surgit.

Ce sentiment intense de lutte que nous, parents, exprimons à l’encontre de notre enfant (« la chair de notre chair ») lors d’une situation pourtant tout à fait anodine (toutes celle où nous souhaitons le contraindre à faire quelque chose que nous jugeons non négociable : dire bonjour, ramasser ses affaires, terminer son assiette, dire pardon, etc.)

Ces accrochages, dont on parle peu, ou avec beaucoup de difficultés (même à ses amis) et qui donc génèrent de la souffrance (puisque non dite), peuvent se terminer en « drame », lors duquel le parent se laisse aller à sa colère, sa déception, sa haine parfois (physique ou morale)…

 

Que s’y passe-t-il ? Lire la suite »


Ressens-toi toi-même, pour une attitude positive

11 mai 2009

Pendant plusieurs années, j’ai travaillé professionnellement dans la formation interculturelle et me suis impliquée dans différentes associations y ayant trait. Et puis j’ai pris un peu de distance pendant quelques temps car certains aspects me dérangeaient, sans forcément arriver à mettre des mots dessus. Après quelques temps de recul, j’ai envie de partager avec vous quelques idées. 

L’élément principal qui me dérange souvent dans les approches interculturelles, c’est qu’il me semble qu’à se focaliser constamment sur les différences pour essayer de mieux se comprendre et de les dépasser, on augmente en fait le fossé, l’impression qu’on est trop différents et que même si on fait des efforts, on ne se comprendra jamais vraiment et qu’on ne changera pas. L´adaptation ne sera que superficielle.

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L’enfant intérieur (suite)

9 mai 2009

Par Annabelle Perceval

Voici la suite du premier article écrit sur le sujet : L’enfant intérieur 

 

Tout comme il a fallu de nombreuses occasions à l’enfant pour programmer les croyances exigeant de lui de se protéger (sentiment d’abandon, de rejet, de peur, de négation de son ressenti), il nous faut à nous, adulte, du temps pour lui (re)donner de l’attention et l’aider à guérir.

Du temps et de l’entraînement. En effet, il nous faut nous exercer, malgré les émotions douloureuses qui nous submergent (défense, malaise, jalousie, colère, peur, etc.) et au moment où elles surgissent, à les identifier.

Que veut dire « identifier » ? Prendre du recul dans une situation que nous vivons et qui réveille en nous des réactions* (souffrances) pour voir ce qui se passe vraiment : car il n’y a pas de présent, il est perpétuellement empli du passé, et toutes nos réactions ne sont que les échos de nos souffrances anciennes.

*J’appelle réactions tous nos mécanismes archaïques (de défense, protection) qui passent pour nos défauts, notre marge de progression, nos points faibles.

 

  1. Je sens monter cette émotion terrible qui me fait souffrir, laquelle est-ce ? (colère, peur, rage, haine, jalousie, abandon, etc)

  2. Elle me rappelle quand je me sentais en colère aussi quand j’avais tel âge, à l’occasion de…c’était désagréable, ça faisait mal…

  3. Je reviens à la situation présente, j’ai fait baisser en intensité mon émotion douloureuse, je peux maintenant regarder en face calmement les faits actuels et m’exprimer de façon authentique sur ce qui m’aiderait à entrer en relation avec l’autre

(Voir en complément de ce sujet, les 4 composantes de la communication non violente de M. Rosenberg)

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deux ressources extra

8 mai 2009

Voici deux initiatives à découvrir absolument : 

www.pioneersofchange.net 

Même si vous êtes hors de la catégorie d’âge, il y a plein de ressources passionantes

www.wearewhatwedo.org

Des petites actions x Beaucoup de gens = De grands changements ! 130 idées de petites actions, plein de liens, et au total un bon moyen de se rendre compte qu’on n’est pas seul et que c’est pas si compliqué que ça de rendre le monde un peu meilleur.


L’enfant intérieur

30 avril 2009

Par Annabelle Perceval 

 

Améliorer les relations humaines commence par améliorer nos relations aux autres, et en premier lieu à cet Autre intérieur que nous connaissons parfois si peu.

Qui est-il ? Pourquoi essayons-nous de le museler, de le taire, de le fuir parfois ? Pourquoi est-il si gênant ?

Cet Autre est écarté d’un revers de la main (mental), car c’est un enfant, c’est nous enfant, et tout comme l’enfant est éduqué par la négation de son ressenti (« c’est pas beau de se mettre en colère », « on prête ses jouets », « mais si, tu aimes ta petite sœur »), nous continuons à le baillôner encore et toujours.

Pourquoi cela ? Lire la suite »


dur dur d’éviter les clichés

28 avril 2009

Si vous n’avez pas encore entendu parler de Susan Boyle, voici une belle occasion de vous ratrapper.

Cela vient nous rappeler qu’il ne faut pas se fier aux apparences…

Et moi ça m’a rappelé que même si je le sais, c’est très difficile au quotidien d’éviter que mes idées reçues surgissent malgré moi et que cela demande ensuite un effort de volonté pour ne pas m’y arrêter et laisser la chance à l’autre d’être pleinement, sans jugement.  

 


CNV

21 avril 2009

J’ai découvert il y a quelques temps la Communication Non-Violente, développée au départ par Marshall Rosenberg, et ça a pour moi été un immense déclic dans mon rapport à moi, aux choses et aux autres.

En très résumé, la CNV se base sur quatre éléments :
1/ L’observation
Il s’agit d’arriver à observer une situation d’une manière factuelle, objective, sans jugements ni interprétation
2/ Les sentiments
Il s’agit d’identifier comment je me sens par rapport à une situation
3/ Les besoins
Il s’agit d’identifier les besoins fondamentaux qui régissent mes réactions (sentiments qui se traduisent par les réactions observées). Généralement, les sentiments sont positifs quand les besoins sont satisfaits, et négatifs quand les besoins ne le sont pas
4/ La demande
Il s’agit d’identifier ce qui peut être fait pour que mes besoins soient satisfaits s’ils ne le sont pas ou confirmés s’ils le sont. La stratégie pour y répondre doit être dans l’instant présent, réaliste, réalisable, négociable, précise et formulée positivement.

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L’ “inhumain” est humain

30 mars 2009

A l’occasion de la reprise du procès de Douch, ce général accusé d’être l’ex-tortionnaire en chef du régime khmer,  je lisais un article dans lequel ils parlaient de son comportement “inhumain”. Si ce n’est pas humain, alors pourquoi les hommes le jugent-il comme un de leur semblable ? Si ce n’est pas humain, nous ne pouvons rien y faire, nous qui nous considérons comme humains.

Si nous taxons un comportement d’inhumain, nous déresponsabilisons la personne concernée. N’est-il pas tant au contraire d’accepter que l’horreur fait partie de l’être humain ?  Nous portons tous un potentiel de comportement abject en nous, comme nous portons tous un potentiel de comportement aimant en nous, car chacune de nos actions n’est qu’un moyen de répondre à des besoins que nous avons. Ce n’est qu’en acceptant que l’horreur fait partie des stratégies humaines que nous pourrons faire en sorte que cette stratégie ne soit pas retenue à l’avenir.


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