Par Florence Beuken
Il y a énormément de concepts différents derrière le mot « musicothérapie ».
On peut cependant présenter cette psychothérapie selon deux approches distinctes : la musicothérapie réceptive (autrefois appelée « passive ») qui consiste en l’écoute de la musique, et la musicothérapie active qui fait participer activement le patient au jeu musical ou sonore.
Chaque musicothérapeute adoptera l’une ou l’autre des techniques selon sa personnalité, ses convictions ainsi que sa formation, …
En musicothérapie réceptive, on peut procéder comme suit :
- Un processus proche de la psychanalyse, où la musique sera support mais où l’objectif restera un retour à la verbalisation.
- Une psychothérapie comportementale, où l’objectif est de modifier un comportement problématique, par un conditionnement positif ou un déconditionnement. La musique, encore une fois servira de support à ce conditionnement.
- Une thérapie cognitive, où l’on fait appel à la suggestion. Le thérapeute proposera la technique du « portrait musical », par le choix d’une oeuvre à laquelle le patient pourra s’identifier.
- La sophrologie et les techniques de relaxation qui visent à une baisse de l’état de conscience. La musique, en principe répétitive et relativement monotone, aide à renforcer cette baisse de conscience, pouvant mener à un état hypnotique.
- La technique des « 3 œuvres » de Jost, qui repose à la fois sur le type psychanalytique, puisqu’après chaque écoute il y a un retour à la verbalisation, et sur le type comportemental, car ces trois œuvres seront support au changement. Cette technique consiste à se calquer sur l’état émotionnel présent, et problématique, du patient par l’écoute d’une première œuvre, par un passage neutre ou de transition avec une deuxième oeuvre, pour terminer par une œuvre se calquant sur l’état émotionnel désiré.
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Suggestion d’écoute
(pour une personne stressée, dispersée, désirant retrouver le calme) :
1) Danse hongroise, Brahms
2) Mental Tan, Devin Towsend
3) Au matin, Grieg
-Les méthodes psychophysiologiques (Tomatis, qui repose sur le conditionnement auditif d’œuvres filtrées, et Aucher, qui travaille sur la résonance de la musique sur chaque partie du corps.)
La musicothérapie active est probablement plus difficile à décrire. En effet, la verbalisation n’est plus nécessaire, la thérapie se déroule dans les jeux, improvisations et interactions.
Les différentes techniques mises au point ont pour la plupart fini par tomber dans le pédagogique, l’apprentissage musical. Certains, comme Orff, ont alors proposé un instrumentarium différent, permettant aux participants de ne plus être prisonniers de leur culture et favorisant le lâcher-prise. Une autre méthode est de simplement travailler le son, et non la musique, permettant de mettre en veilleuse des normes culturelles qui risqueraient de dévaloriser le patient.
Le travail de la voix étant encore différent en ce sens que, lié au souffle, il peut parfois mener à un état de transe, comme le permet la thérapie du « cri primal » mis au point par Janov.
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Suggestion d’écoute :
1990 Quadrillons De Tonnes, Gojira
Que peut-on soigner avec la musicothérapie?
Les indications sont extrêmement nombreuses, la plupart de celles que je vais citer ont été vérifiée de manière scientifique. Je pense cependant qu’il faut rester prudent : certaines pathologies nécessitent un suivi par un médecin (psychiatre), la musicothérapie sera alors complémentaire aux soins prodigués. En outre, il est important de garder à l’esprit que, même si notre sensibilité nous permet de trouver notre propre « musimédication », on ne s’improvise pas thérapeute.
Les indications principales sont :
- Troubles psychotiques et névrotiques, de l’attention, de l’orientation et de la communication, …
-Amélioration de la qualité de vie des personnes schizophrènes, soulagement des symptômes des personnes souffrant d’autisme, de démence. Accompagnement à la post-cure des personnes toxicomanes.
- Détente : levée de l’anxiété, amélioration de l’humeur.
- Deuil, dépression.
- Accompagnement malades, apaisement de la souffrance (chirurgie, maladies). Femmes enceintes, accouchement. Troubles du sommeil.
- Amélioration des performances physiques et cognitives, développement des facultés créatrices d’expression et de communication (ex élèves en difficulté).
Publié par florencebeuken