Ressens-toi toi-même, pour une attitude positive

Pendant plusieurs années, j’ai travaillé professionnellement dans la formation interculturelle et me suis impliquée dans différentes associations y ayant trait. Et puis j’ai pris un peu de distance pendant quelques temps car certains aspects me dérangeaient, sans forcément arriver à mettre des mots dessus. Après quelques temps de recul, j’ai envie de partager avec vous quelques idées. 

L’élément principal qui me dérange souvent dans les approches interculturelles, c’est qu’il me semble qu’à se focaliser constamment sur les différences pour essayer de mieux se comprendre et de les dépasser, on augmente en fait le fossé, l’impression qu’on est trop différents et que même si on fait des efforts, on ne se comprendra jamais vraiment et qu’on ne changera pas. L´adaptation ne sera que superficielle.

Il y a, par réaction, l’attitude inverse qui tend à dire qu’après tout nous sommes tous des êtres humains, avec le besoin d’aimer et d’être aimé et des tas d’autres besoins partagés. On peut alors aisément tomber dans la négation ou l’ignorance des différences.

Or les différences existent, au niveau des individus comme au niveau des différents groupes d’appartenance. Si des tendances peuvent être étudiées au niveau des groupes, les études deviennent dangereuses dès qu’on les transpose sur les individus. Tout individu est unique de par ses différentes influences et par la facon dont il se relie à chacun des groupes qu’il a en repère. On ne peut rapporter un individu à une étiquette ni à une somme d’étiquettes. Du coup, il y a l’école prônant d’agir sur l’environnement, le contexte, pour créer les conditions favorables à l’expression positive des caractéristiques de chacun.

Il y a aussi l’école du “Connais-toi toi-même”, qui part du principe qu’il faut d’abord se comprendre soi-même pour pouvoir comprendre l’autre. J’y vois deux dangers. D’une part, c’est un puits sans fond, une quête éternelle car l’être humain est d’une infinie complexité si l’on prend les repères que les différents courants de la psychologie proposent, qu’on y ajoute les différents axes religieux et métaphysiques et qu’on prend en compte le fait qu’on évolue constamment. D’autre part, comme P. K. Dick le faisait remarquer (dans Je suis vivant et vous êtes morts, de E. Carrère), la connaissance de soi a souvent pour but de nous faire entrer dans certaines normes sociales. La plupart des approches de psychologie et de développement personnel entrainent une analyse de soi et de son comportement biaisés par une attitude idéale, elles ont une idée établie de la facon dont nous devons être et agir.

En ce qui concerne les relations interpersonnelles (dont interculturelles au sens de rencontres d’individus de cultures différentes), je ne crois pas aux approches rationnelles, intellectuelles, car la rencontre avec l’autre a lieu en premier lieu au niveau des tripes, du ressenti. (Voir par exemple le très intéressant Blink, de Malcom Gladwell, traduit en francais sous le titre La force de l’intuition). Le travail sur l’environnement ne peut fonctionner que si les individus y sont associés dans leur attitude. Tout commence par une attitude positive, sans cela tout le reste n’est que du vent. Si l’intention est fondamentalement positive, l’autre le ressent et les impairs n’en sont pas, ou sont vite clarifiés et dépassés. En revanche si on est dans le doute, la peur, la suspicion, la moindre chose devient prétexte.

Le point de mire selon moi doit donc être de développer la confiance (en soi, en l’autre et surtout en général) ainsi que l’acceptation de soi et de ses caractéristiques comme positives, sans nécessairement chercher à se connaître et se comprendre. Il n’y a pas de qualités et de défauts, juste des caractéristiques qui se révelent de manières différentes, selon le contexte, la perception des gens etc. On ne change pas fondamentalement par volonté, en revanche on peut décider d’utiliser ou non telle ou telle caractéristique, telle ou telle ressource que l’on a en soi, et comment on l’utilise. Il ne s’agit pas de chercher à se connaitre soi-même et voir si on correspond à une norme sociale, à ce qu’on attend de nous (mais qui attend, d’ailleurs ?). Il s’agit de se donner le droit d’être soi-même avec une attitude positive envers soi-même en tout premier lieu, qui permet ensuite d’avoir une attitude positive envers les autres et notre environnement.

Et pour cela, il ne s’agit pas de se connaitre, mais de se ressentir.

Voici quelques éléments qui me semblent contribuer à développer une attitude positive : 

- l’entrainement à la pensée positive
- l’attention à la condition physique pour se sentir bien et naturel
- la reconnection corps-esprit
- la mise en condition pour recevoir ce que la vie a à nous apporter
- se donner le droit de ressentir des émotions et les laisser exister pleinement, qu’elles soient percues comme positives ou comme négatives
- se responsabiliser avec justesse, c’est à dire arrêter de se blâmer ou de blâmer les autres, prendre sa part de responsabilité dans notre vie, mais rien que la nôtre
- se donner la permission et les moyens de s’aimer soi-même et de prendre soin de soi
- … 

En étant bien avec soi-même, on pourra alors être bien avec les autres, tandis que si l’on attend que l’autre change, on risque d’attendre longtemps. 

Chacun de ces points pourra être développé et faire l’objet de pistes de façons de le faire, car pour chacun il y a de nombreuses façons. J’y reviendrai dans d’autres articles et n’hésitez pas à partager vos points de vue et méthodes.

Une réponse vers «Ressens-toi toi-même, pour une attitude positive»

  1. Annabelle dit :

    il est certain que la connaissance de soi est émotionnelle et non pas intellectuelle. elle se vit, elle ne se dit pas. et elle est un élan vital et non une construction volontaire.

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